Notre-Dame des Prés, une chapelle à travers les siècles

Notre Dame des prés - Cailhau

Au début du XVIIᵉ siècle, la France sort doucement des guerres de Religion. Grâce à Henri IV puis à Louis XIII, le calme revient peu à peu et la foi reprend sa place dans les villages. À Cailhau aussi, on veut tourner la page. En bas du village, une vieille chapelle dédiée à la Vierge n’est plus qu’un souvenir : détruite en 1572 par des soldats, elle est restée longtemps abandonnée. Le curé Monsieur Faure s’occupe surtout de l’église du village, mais l’envie de faire revivre le sanctuaire ne disparaît jamais.

Le 25 mars 1636, tout change.

Avec l’aide du notaire Me Jean Cazilhac et du prieur Maître Raymond Pagès, une confrérie appelée Notre-Dame du Mont-Carmel est créée. Des habitants donnent des terres pour entretenir un prêtre, et M. Jean Jod, venu de Fanjeaux, accepte de s’y installer. Peu à peu, les pèlerinages reprennent, surtout le 16 juillet. La petite chapelle retrouve de la vie.

Mais l’histoire n’est pas tranquille…

Pendant la Révolution, en 1789, la chapelle est fermée et vendue malgré l’attachement des habitants. Au XIXᵉ siècle, elle traverse des périodes difficiles, même si certains continuent d’y prier. En 1870, des conscrits viennent demander la protection de la Madone avant de partir à la guerre.

1902 : la renaissance.

Le propriétaire Monsieur Cadène rouvre la chapelle au culte. Avec le curé Monsieur Gayral et les habitants de Cailhau, Cailhavel et Cambieure, on restaure le lieu et on organise une grande fête avec procession aux flambeaux et feux d’artifice. Plus tard, l’abbé Bonnet poursuit les travaux et fait presque tout reconstruire entre 1938 et 1939. Monseigneur Pays bénit à nouveau l’édifice, désormais orné de vitraux.

Aujourd’hui encore, grâce à l’engagement passé de prêtres comme l’abbé Quérol et au soutien de la famille Escalier, Notre-Dame des Prés veille sur le pays.

Petite par sa taille mais grande par son histoire, cette chapelle nous rappelle une chose : malgré les épreuves, la mémoire et la foi des habitants ne se sont jamais éteintes.

B.F.

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