Gilberte Roca, des ruelles de Cailhau aux bancs de l’Assemblée !
Si on vous disait qu’une enfant de Cailhau a fait partie des tout premiers visages féminins de la République française ?
C’est une histoire que l’on oublie parfois, mais Cailhau a donné naissance à une véritable pionnière : Gilberte Cau (devenue Gilberte Roca après son mariage). Un destin hors norme, entre résistance clandestine, combats pour les femmes et haute politique nationale. Préparez-vous à remonter le temps !
Acte 1 : Des vignes du Razès au premier engagement (1911 – 1939)
L’histoire commence le 18 février 1911 ici même, à Cailhau. Gilberte vient au monde dans une famille de cultivateurs, installée à Cailhau depuis la fin du XVIIIème siècle. Grandir au milieu de la terre et du travail pénible des champs forge rapidement sa personnalité : elle sera une femme de convictions, tenace et tournée vers les autres.
Son diplôme de sténo-dactylo en poche, elle commence à travailler comme employée. Mais très vite, la jeune femme s’éveille aux grandes luttes sociales de son époque. À tout juste 23 ans, en 1934, elle rejoint le Parti communiste et s’engage dans l’Union des jeunes filles de France. Elle quitte un temps notre terroir pour s’installer dans l’Hérault puis dans le Gard, aux côtés de son époux Edmond Roca, un militant syndical de la CGT.
Acte 2 : Dans l’ombre de la Résistance (1939 – 1944)
Quand la Seconde Guerre mondiale éclate et que la France subit l’occupation, Gilberte refuse de se taire. Elle plonge dans la clandestinité et rejoint la Résistance.
Pendant ces années sombres, elle prend d’immenses risques pour organiser l’action clandestine, transporter des messages et défendre la liberté de son pays. Un courage remarquable qui marquera à jamais son caractère d’acier.
Acte 3 : 1945, l’année révolutionnaire !
À la Libération, la France change de visage et accorde enfin le droit de vote et d’éligibilité aux femmes. Pour la toute première fois de l’histoire, les Françaises peuvent voter… et être élues !
Gilberte Roca saisit l’Histoire au vol. Présentée aux élections, elle est élue députée ! Elle fait partie du groupe très fermé des 33 premières femmes à entrer au Parlement français en octobre 1945.
Acte 4 : Une députée qui n’a jamais oublié les campagnes
Si elle siège désormais dans les dorures du Palais Bourbon à Paris, Gilberte n’a jamais renié ses racines de fille d’ouvrier agricole de Cailhau :
Un bouclier pour les agriculteurs : À l’Assemblée, elle intervient constamment pour faire indemniser les viticulteurs et les paysans frappés par les gelées, la grêle ou les inondations.
Le sens du concret : Elle dépose des lois très pragmatiques pour améliorer le quotidien : créer des allocations pour les personnes âgées, soutenir les mères de famille et mieux prendre en charge les malades hospitalisés.
Une longévité parlementaire : Réélue à de nombreuses reprises dans le Gard, elle reste députée de la IVᵉ République de 1946 à 1958 sans interruption, avant de refaire un passage marquant à l’Assemblée au début de la Vᵉ République (1962-1963).
Acte 5 : Une vie de service jusqu’au bout

du 23 septembre 1945. © Archives départementales du Gard, 102 W 3
En plus de ses mandats nationaux, Gilberte s’investit localement avec la même énergie. Elle est l’une des premières femmes conseillères générales du Gard (dès septembre 1945) et siège au conseil municipal de la ville de Nîmes de 1959 à 1977.
Gilberte Roca s’est éteinte le 26 juillet 2004, à l’âge respectable de 93 ans.
De la petite sténo-dactylo née au village jusqu’aux tribunes de l’Assemblée nationale, le parcours de Gilberte Roca rappelle qu’importe d’où l’on vient, la conviction et le courage peuvent marquer l’Histoire.
Une belle figure d’audace et de liberté dont notre commune peut être fière !
B.F.



Laisser un commentaire