Pourquoi fait-on la fête à Cailhau le dernier samedi de juillet ?
Chaque été, c’est le même refrain : les lampions s’allument, les grillades embaument la place, la buvette tourne à plein régime et la musique fait vibrer le village. Et tout cela tombe toujours le dernier samedi de juillet ! Simple tradition estivale ? Pas tout à fait ! Pour comprendre, il faut ouvrir le carnet secret d’une figure emblématique de la commune : le curé Louis Bonnet.
Le patron du village : saint Christophe

À Cailhau, l’église médiévale est dédiée à Saint Christophe, le géant protecteur des pèlerins et des voyageurs. Dans le calendrier chrétien, sa fête tombe très exactement le 25 juillet. Autrefois, c’était le moment parfait : les moissons venaient de s’achever, les granges étaient pleines et les bras avaient bien mérité de festoyer. Pour célébrer le saint patron sans couper la semaine de labeur, la fête fut tout naturellement calée au week-end le plus proche du 25 juillet : le dernier samedi du mois !
25 juillet 1937 : la cloche perd la tête !

C’est là que l’histoire prend un tournant digne d’un film. Ce jour-là, l’abbé Bonnet trempe sa plume dans l’encre violette pour raconter un événement qui a fait trembler la paroisse :
« Le jour de la fête de St Christophe, la fin de la procession, le battant de la grosse cloche (Christophe) s’est détaché et est tombé dans le vide pour s’abattre au pied de la tour… Nous avons protection spéciale de lui, assurance de notre saint patron : nous n’avons eu à déplorer aucun accident ! »
Imaginez la scène : les paroissiens reviennent de la procession et se rassemblent au pied du clocher. Tout en haut, le grand bourdon médiéval « Christophe » (mille kilos de bronze fondu en 1592) carillonne à pleine volée au sommet de la tour alors que les paroissiens reviennent de la procession. Soudain, CRAC !, le lourd battant de fer se détache dans les airs et s’écrase sur le pavé, au pied même du clocher… sans faire le moindre blessé ni la moindre égratignure !
Une assurance tous risques céleste
Pour l’abbé et les villageois, aucun doute : Saint Christophe a lui-même dévié la massue de fer en plein vol pour protéger son monde. Une vraie « formule tous risques » venue du ciel !
Désormais, chaque année à la fin juillet, quand les verres s’entrechoquent sur la place, on sait qu’on célèbre à la fois le grand Saint Christophe, la fin des moissons d’antan et le jour où le clocher a failli assommer le village!
Un rendez-vous immuable gravé dans l’histoire de Cailhau !
B.F.



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