Cailhau : La grande cousinade !

cousinade cailhau

Cette histoire est le fruit de plusieurs mois de recherches passionnées au cœur des registres paroissiaux et communaux. En feuilletant ces pages jaunies par le temps, chaque acte de naissance, de mariage ou de décès a permis de reconstituer patiemment le puzzle de notre mémoire collective.

Au cours de mes investigations, des liens fascinants sont apparus, révélant bien d’autres filiations méconnues qui feront l’objet de prochains articles ! Mais la découverte la plus saisissante reste l’apparition, à l’arrière-plan de cette généalogie, d’une silhouette que l’on pensait étrangère à ces lignées familiales…

Il était une fois, dans notre charmant village de Cailhau, trois personnages qui ne se doutaient pas à quel point leurs racines étaient entremêlées…

Au premier plan de cette histoire, nous retrouvons Marthe Gabelle (1910-2000). Si elle ne fut pas maire elle-même, elle demeure la figure emblématique de cette mémoire : fille et petite-fille des édiles qui ont façonné le village, elle est le trait d’union entre le passé et le présent.

À ses côtés, on découvre Émile Bonnarel (1925-2013), l’enfant du pays, et une présence plus surprenante qui s’invite au cœur de cette généalogie : le peintre Achille Laugé (1861-1944).

S’ils s’étaient croisés sur la place du village, ils auraient pu s’appeler « cousins » sans se tromper ! Mais comment est-ce possible ? Pour le comprendre, il faut remonter le temps, tel un détective, à travers les registres paroissiaux.

ACTE I : LE PATRIARCHE DU MOULIN (LES SERNY)

Tout commence avec l’ancêtre fondateur, Estienne Serny (1630-1694), le meunier dont la farine nourrissait tout le bas-pays et son épouse Marie Tisseire (1644-1690). De leur foyer sont nés neuf enfants, dont trois allaient essaimer dans tout le village : Elisabeth, Antoine et Jeanne.

Marthe Gabelle descend en ligne directe d’Elisabeth Serny (1674-1708), son aïeule à la 9e génération.

Émile Bonnarel illustre parfaitement la stabilité des racines Serny à Cailhau. Sa généalogie s’appuie sur deux branches issues du couple fondateur : celle du fils, Antoine Serny (1689-1765), et celle de l’autre fille, Jeanne Serny (1678-1753).

La rencontre avec l’artiste : C’est ici que surgit Achille Laugé, dont le nom appartient désormais au patrimoine artistique. Ses racines plongent dans le grain du moulin : il descend lui aussi, par sa mère, d’Elisabeth Serny et de son époux, le laboureur Arnaud Bades (1669-1709).

ACTE II : LES MAGICIENS DU FER ET DU BOIS (LES GABELLE & ROQUES)

Si les Serny fournissaient le pain, les Gabelle et les Roques forgeaient la structure même du village. Le couple « pilier » de cette branche est Jean « dit Jeune » Gabelle (1649-1728), le maître charpentier, et sa femme Jeanne Roques (1664-1719).

Le nom et le prestige de Marthe : Pour elle, Gabelle est une identité forte. Son père, Prosper Gabelle (1879-1951), fut maire de Cailhau, tout comme son grand-père Eliacin Gabelle (1849-1932) avant lui. Tous deux honoraient cette lignée de bâtisseurs issue du charpentier Jean.

La connexion d’Émile : À sa 7e génération, on retrouve Marie Gabelle (1723-1813). Elle était la fille d’Antoine dit de l’Horte Gabelle (1692-1766), fils du même maître charpentier.

L’héritage d’Achille : Le sang des Gabelle coule également dans ses veines grâce à son arrière-grand-mère maternelle, Magdeleine Gabelle (1772-1861). Fille et petite-fille des maréchaux-ferrants du village, elle descend, elle aussi, directement de Jean le charpentier.

ACTE III : LES NOTABLES ET LES MAITRES DU SOL (LES VIDAL ET BADES)

Le village de Cailhau était une petite république d’artisans et de propriétaires où l’on se mariait entre « gens du métier ».

Les Maîtres de la Terre : Les familles Bades et Roques apparaissent dans les trois arbres.

Antoine Roques (mort en 1693), métayer à Montpénédy, est lui aussi un ancêtre commun qui a vu naître les trois lignées.

L’élite administrative : Jean Vidal (1672-1738), procureur fiscal de Monsieur de Cairol, apporte une touche de notabilité aux ascendances d’Émile et de Marthe.

ÉPILOGUE : UNE FRESQUE VIVANTE

Au-delà des dates et des actes, c’est l’âme même de Cailhau qui s’exprime à travers ces trois destins.

Lorsqu’Émile Bonnarel et Marthe Gabelle marchaient dans les champs ou dans les rues du village, ils marchaient dans les pas de dix générations de meuniers, de boulangers, de forgerons et de cultivateurs.

Si Achille Laugé a su capturer avec tant de justesse la lumière de nos collines, c’est peut-être qu’il peignait, sans le savoir, la terre que ses aïeux retournaient déjà à la force des bras.

Ils n’étaient pas seulement de Cailhau. Ils étaient Cailhau.

Une même sève qui coule pour l’éternité dans cette fresque vivante que nous appelons notre histoire.

B.F.

Note de l’auteur : Ce travail de mémoire repose exclusivement sur l’analyse de documents publics et accessibles à tous (registres paroissiaux, état civil et archives communales). Il a pour unique vocation de rendre hommage aux familles qui ont bâti l’histoire et l’identité de notre village.

Laisser un commentaire