L’histoire du pressoir de Cailhau

histoire du pressoir de Cailhau

Acte I : Un village en quête de justice 2696 L'histoire du pressoir de Cailhau

Cailhau, juillet 1904. Dans les ruelles, ça chuchote, ça roumègue un peu : les vendanges approchent, et pour les « petits » du village, c’est toujours la même galère. Si vous n’avez pas de pressoir à vous, vous devez quémander chez les gros propriétaires ou vous débrouiller avec du matériel de fortune.

C’est alors qu’Éliacin Gabelle, le maire, tape du poing sur la table lors du conseil municipal du 8 juillet. Il se fait « l’interprète » d’une foule d’administrés qui n’en peuvent plus. Son idée ? Un pressoir public. Un outil moderne, au service de tous, pour que personne ne soit laissé sur le carreau.

Acte II : Le nerf de la guerre

Vouloir un pressoir, c’est bien. Le payer, c’est autre chose. La commune est fauchée, elle traîne déjà une vieille dette de 1 200 francs auprès de la veuve Marty. Mais le Conseil ne tremble pas. Pour offrir ce joujou technologique aux vignerons, ils décident de contracter un emprunt massif de 3 200 francs.

On imagine les débats passionnés sous les lampes à pétrole : investir 2 000 francs dans un pressoir, c’est un pari sur l’avenir ! Le taux est fixé à 4 % sur dix ans. Pour rentrer dans ses frais, la mairie fixe une petite taxe : chaque « comporte » (le grand panier de vendange) pressée coûtera 0,15 franc.

Acte III : Le coup de théâtre

Deux ans passent. Le pressoir tourne, le jus coule… mais un malaise s’installe. Le 31 mai 1906, le conseil municipal se réunit à nouveau, et l’ambiance a changé.

Les élus font un constat flagrant : les gros propriétaires, qui ont leur propre matériel, ne paient rien à la commune.

Les petits vignerons, les plus modestes, sont les seuls à financer l’emprunt via la taxe de 0,15 franc.

C’est le monde à l’envers ! Dans un élan de fraternité, le maire propose une mesure radicale : la gratuité totale !

1f4dc L'histoire du pressoir de Cailhau Épilogue : Un service public avant l’heure

Le Conseil vote à l’unanimité. Désormais, à Cailhau, le pressurage communal sera un droit, pas une charge. On supprime la taxe pour rétablir l’équilibre entre les « gros » et les « petits ».

À travers ces pages jaunies, on découvre que le pressoir communal de Cailhau n’était pas qu’une machine en fonte et en bois : c’était le symbole d’un village qui refusait de laisser ses enfants les plus pauvres presser leur raisin avec amertume.

B.F.

Sources A.D.11

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